Qu'est-ce que le Hisab dans le Coran ?
Dans la compréhension traditionnelle, le Hisab est souvent perçu comme un simple inventaire de nos bonnes et mauvaises actions, teinté d'une vision punitive. Cependant, la langue arabe nous invite à une perception bien plus élevée. Le Hisab ne consiste pas à punir ni à récompenser de manière infantile. ALLAH, Ar Rahman, le Tout Rayonnant d'Amour inconditionnel, interagit avec nous tel Ar-Rabb, un terme qui renvoie à la notion de maître arboricole. Celui-ci prend soin de la végétation pour lui permettre de grandir et de s'épanouir. Le jugement final s'inscrit donc dans ce processus d'éducation spirituelle qui traverse notre existence sur terre comme dans l'au-delà.
Yawm ad-Din : Prendre conscience de notre dette existentielle
Pour bien saisir le compte rendu des actes, il est indispensable de clarifier l'expression Yawm ad-Din. Le mot Yawm ne désigne pas un "jour" de vingt-quatre heures, mais correspond à la notion d'un laps de temps spécifique. Quant au terme Din, issu de la racine (d-y-n), il ne signifie pas simplement "religion". Il renvoie en réalité à une dette existentielle, une obligation. Il implique une relation d'autorité, d'assujettissement, mais aussi la notion de droit et de devoir liant deux parties contractantes. Durant ce laps de temps, chaque cheminant sera mis face à ses véritables responsabilités et engagements, particulièrement dans ses interactions avec les autres êtres humains.
Le véritable sens du Hisab : Combler et évaluer pour grandir
Le mot Hisab porte en lui une profondeur linguistique fascinante. Bien qu'il évoque l'idée de comptabilisation, il ne s'agit pas de faire le calcul de ce qui a été fait dans le passé de manière rigide. Le Hisab rassemble et ordonne. Il partage des liens sémantiques forts avec Sahab (le nuage gorgé d'eau) et Habs (la prison, perçue ici comme un contenant définissant une limite). Son sens s'étend jusqu'au fait de nourrir et d'abreuvoir jusqu'à la satiété et la plénitude. Ainsi, évaluer ou estimer la valeur d'une chose sert avant tout à préparer un meilleur devenir futur. Pour saisir toute l'étendue de ces concepts et nourrir votre réflexion, comprendre nos termes coraniques à travers des cours et explications précis est une étape fondatrice.
Qiyama, Dounia et Akhira : Assumer ses responsabilités
Ce processus de responsabilisation a lieu durant Yawm al-Qiyama. La racine (q-w-m) évoque la posture debout. Si le jugement se reçoit dans cette position, c'est parce qu'elle représente l'assumation totale de nos responsabilités. Dans la perspective coranique, notre vie future sera à l'image de notre vie présente. La Dounia (de la racine d-n-w) désigne le monde le plus proche, le monde immédiat, et non un "bas monde" méprisable. Elle forme un couple avec l'Akhira (a-kh-r), qui exprime l'ultimité, la clôture définitive d'un cycle et la complétude avec notre alter ego divin. Réussir son au-delà nécessite donc de rayonner dans l'immédiateté de ce monde, en s'armant de patience face aux épreuves.
Retrouver sa lumière : L'aboutissement du cheminement
Lors de cette étape de vérité, l'environnement sera initialement sombre. C'est à ce moment que chaque musulman retrouvera sa propre lumière, son Nur divin, dont l'intensité dépendra de la lumière qui l'aura habité et cultivé sur terre. C'est l'aboutissement de tous les efforts fournis avec conscience. Afin d'ancrer ces principes dans votre cœur et de transformer positivement votre pratique, nous vous invitons à intégrer profondément le sens du Hisab, ce compte rendu des actes et le jugement final, une démarche essentielle pour cheminer sereinement vers la plénitude.