Lorsque Kulayb ibn Rabi'ah, chef des Taghlib, tua la chamelle de l'humble Basus, il ne scella pas seulement son propre destin, mais plongea sa tribu et celle des Bakr, à laquelle appartenait le protecteur de Basus, dans une spirale de violence qui allait durer une génération entière. L'acte de vengeance ne se fit pas attendre et marqua le point de non-retour.
La Vengeance de Jassas et le Serment de Muhalhil
Poussé par le sens de l'honneur et le devoir de protéger celui qui est sous sa protection (jar), Jassas ibn Murrah, un guerrier Bakrite, tua Kulayb. Cet assassinat fut le véritable déclencheur de la guerre. Le frère de Kulayb, le poète et guerrier redoutable Adi ibn Rabi'ah, plus connu sous le nom de Muhalhil ou Az-Zir Salim, fit le serment de ne connaître ni repos, ni vin, ni femme tant que sa vengeance ne serait pas accomplie. Son serment devint la loi des Taghlib, et le sang appela le sang.
Les Premières Batailles Sanglantes
Les premiers affrontements furent d'une violence inouïe. Les tribus, autrefois alliées, se jetèrent l'une contre l'autre dans des batailles comme le Jour d'An-Naba'ah et le Jour d'Uwayridat. Chaque combat creusait un peu plus le fossé de la haine, chaque mort ajoutait une nouvelle dette de sang à une liste déjà insoutenable. Les Bakr, bien que numériquement inférieurs, firent preuve d'une résilience farouche, tandis que les Taghlib, menés par la fureur de Muhalhil, étaient implacables dans leur quête de vengeance.