L'histoire des Abd al-Qays commence par une longue migration. Originaires des terres de la Tihama ou du Najd selon les généalogistes, ils entreprirent une marche inexorable vers l'Est, attirés par les rumeurs de terres où l'eau douce jaillissait abondamment du sol. Contrairement aux tribus purement nomades qui parcouraient le désert sans fin, les Abd al-Qays cherchaient une stabilité durable.
La conquête des oasis
Leur arrivée dans la région historique du Bahreïn — qui englobait alors toute la côte est, de l'actuel Koweït jusqu'au nord d'Oman — marqua un tournant démographique. Ils ne trouvèrent pas une terre vierge, mais durent s'imposer face aux tribus déjà présentes, notamment les Bakr bin Wa'il et les Tamim. Grâce à leur organisation militaire et leur nombre, ils prirent le contrôle des centres névralgiques : les oasis d'Al-Hasa et de Qatif. C'est ici, au milieu des palmeraies denses, qu'ils abandonnèrent progressivement la vie purement pastorale pour devenir les maîtres d'un territoire défini par la géographie du Bahreïn et l'étendue de sa côte, propice à une sédentarisation prospère.
Une société sédentaire et citadine
À la différence de leurs cousins du centre de la péninsule, les Abd al-Qays bâtirent des citadelles et des bourgades. Mushaqqar, forteresse légendaire souvent citée dans la poésie préislamique, devint le symbole de leur puissance. Ils y développèrent une culture raffinée, mêlant les traditions arabes ancestrales aux influences cosmopolites apportées par les marchands étrangers qui accostaient dans leurs ports.