Pour rendre l'insulte mémorable et dévastatrice, le poète ne se contentait pas d'accuser platement. Il recourait à un arsenal d'images concrètes et humiliantes, destinées à graver dans l'esprit de tous la pingrerie de sa cible.
Le Feu Qui ne Brille Pas
Le feu du campement était le symbole par excellence de l'accueil. La nuit, sa lueur guidait les voyageurs et promettait chaleur, nourriture et sécurité. Le satiriste décrivait alors le feu de son ennemi comme chétif, voire éteint. Il pouvait dire que sa fumée ne s'élevait jamais, car aucune cuisson ne s'y faisait, ou que ses braises étaient si faibles qu'un enfant pouvait les enjamber sans se brûler. Cette image suggérait un foyer froid, fermé et inhospitalier, l'antithèse du foyer noble.
Le Chien Méfiant et la Marmite Inutile
Une autre image récurrente était celle du chien. Dans un campement généreux, les chiens, habitués au va-et-vient des invités, étaient placides. Le poète pouvait donc railler son adversaire en décrivant ses chiens comme des bêtes féroces qui aboyaient à la moindre approche, signe qu'ils ne voyaient jamais personne. De même, la marmite de l'avare était dépeinte comme petite, couverte de toiles d'araignée, ou si propre qu'on pouvait y voir son reflet, car elle ne servait jamais à cuisiner pour un convive.