Avant de demander ce que dit le Coran, il faut demander ce qu'il est. Le mot lui-même le révèle.
« Coran » translittère قُرْآن (qurʾān), de la racine q-r-a : lire à voix haute, réciter, rassembler. Le Coran n'est pas d'abord un livre qu'on feuillette, mais une récitation qu'on reçoit — une parole vivante, faite pour être dite et entendue.
Un texte qui se nomme de plusieurs façons
Le Coran se désigne lui-même par plusieurs noms, chacun éclairant une facette :
- Al-Kitāb — l'Écriture
- De la racine k-t-b (écrire, prescrire). Le Coran comme parole consignée qui engage.
- Al-Furqān — le Discernement
- Ce qui sépare le vrai du faux, ce qui tranche et oriente.
- Adh-Dhikr — le Rappel
- Ce qui ramène à la conscience ce que le cœur sait déjà.
Aucune traduction ne porte à la fois ces dimensions. C'est déjà un signe : la langue d'origine tient ensemble ce que le français doit éparpiller.
Pourquoi le comprendre en arabe change tout
Lire le Coran traduit, c'est recevoir le choix d'un traducteur. Le comprendre par sa langue, c'est toucher le sens premier que portent les racines. Comme l'affirme le texte lui-même, Coran 12:2, la langue arabe n'est pas l'habit du message : elle en est le support.
Pour ce qui distingue précisément cette langue, voir qu'est-ce que l'arabe coranique.