Nombre Total de Scribes de la Révélation plus de Quarante

Loin d'être l'œuvre d'un cercle restreint, la mise par écrit du Coran fut une entreprise collective et continue, mobilisant de nombreux compagnons lettrés. Les sources historiques s'accordent à dire que plus de quarante individus eurent l'honneur de servir comme scribes de la Révélation, un fait central dans l'histoire de la transcription du Coran du vivant du Prophète, témoignant de l'importance capitale accordée à la préservation du texte sacré.

Un Corps de Scribes Diversifié et Dédié

Dès les premières années de la prophétie à La Mecque, et de manière plus organisée à Médine, le Prophète Muḥammad (ﷺ) s'entoura de compagnons capables de lire et d'écrire. Ces hommes, connus sous le nom de Kuttāb al-Waḥy (les Scribes de la Révélation), n'étaient pas une caste officielle, mais un groupe hétéroclite de volontaires issus de diverses tribus et de statuts sociaux variés. Leur seule motivation était leur foi et leur dévouement à la parole divine, transcrivant avec le plus grand soin chaque verset révélé sur les matériaux disponibles à l'époque : omoplates de chameau, feuilles de palmier, pierres plates ou parchemins.

La Composition du groupe des scribes

La liste de ces scribes inclut des figures de premier plan de l'islam naissant, comme les futurs califes, ainsi que des compagnons moins connus mais tout aussi essentiels à cette mission de préservation. Cette diversité garantissait que la transcription n'était pas le monopole d'un seul clan ou d'une seule faction, mais bien une responsabilité partagée par toute la communauté. L'existence même de ce corps de scribes illustre la nature ouverte et publique du processus, faisant de ces Kuttāb al-Waḥy les premiers gardiens du texte écrit.

Les Figures Éminentes et la Répartition des Tâches

Si le nombre total de scribes est impressionnant, certaines figures se distinguent par leur assiduité et la confiance que leur accordait le Prophète. La tâche d'écrire ne se limitait pas seulement à la Révélation ; elle englobait également la correspondance diplomatique, les traités et les documents administratifs de l'État naissant de Médine.

Les Scribes de la Première Heure à La Mecque

À La Mecque, où les musulmans étaient une minorité persécutée et où les lettrés étaient rares, les premiers califes bien guidés, Abū Bakr, ʿUmar, ʿUthmān et ʿAlī, comptèrent parmi les premiers à mettre par écrit la Révélation. Le jeune ʿAlī ibn Abī Ṭālib, qui grandit dans la maison du Prophète, était particulièrement reconnu pour sa belle calligraphie et sa proximité constante avec le Messager. De même, la contribution de ʿUthmān ibn ʿAffān à cette écriture initiale posa les bases de son rôle futur dans la standardisation du Coran.

L'Organisation des Scribes à Médine

Après l'Hégire à Médine, le besoin de scribes s'accrut considérablement. C'est là que la figure de Zayd ibn Thābit, le principal scribe et futur compilateur du texte coranique, devint centrale. Jeune homme intelligent et méticuleux de la tribu des Anṣār, il était le scribe le plus fréquemment appelé par le Prophète pour consigner la Révélation. À ses côtés, des compagnons comme Ubayy ibn Kaʿb, réputé pour sa récitation du Coran, jouèrent également un rôle majeur.

Des Scribes aux Fonctions Spécifiques

Certains compagnons rejoignirent le groupe des scribes plus tardivement, comme Muʿāwiya ibn Abī Sufyān, qui servit de secrétaire au Prophète après la conquête de La Mecque. Il fut chargé de consigner des parties de la Révélation mais aussi une partie de la correspondance officielle. Cette spécialisation des tâches montre une organisation de plus en plus sophistiquée, visant à assurer que chaque aspect de la parole divine et de l'administration prophétique soit fidèlement documenté.

Le Décompte des Scribes : Preuve d'une Préservation Collective

Les historiens musulmans classiques, tels qu'Ibn Hajar al-ʿAsqalānī, al-Kattānī ou al-Jahshiyārī dans son ouvrage sur les secrétaires, se sont efforcés de dresser des listes nominatives de ces scribes. Bien que le nombre exact puisse varier légèrement d'une source à l'autre, passant de quarante-deux à plus de soixante selon les critères, le consensus se dégage autour d'un nombre supérieur à quarante.

Ce chiffre élevé n'est pas anecdotique. Il constitue un argument historique puissant en faveur de l'authenticité et de la préservation méticuleuse du Coran. La multiplicité des scribes et des copies initiales qu'ils produisaient a créé un système de vérification croisée naturelle, rendant pratiquement impossible toute altération, oubli ou ajout. L'écriture du Coran fut, dès son origine, un acte public, communautaire et largement diffusé, assurant sa transmission intacte aux générations futures.